En 2015, les fablabs vont faire bouillir la créativité

Source: www.industrie-techno.com

See on Scoop.itAlain Renaudin

En 2015, les fablabs vont faire bouillir la créativité

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PAR LA RÉDACTION D’INDUSTRIE ET TECHNOLOGIES PUBLIÉ LE 02/01/2015 À 06H16

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Renault aussi s’est doté d’un fablab.

En ce début d’année, Industrie & Technologies a repéré pour vous les 15 leviers qui vont booster l’innovation en 2015. Ils ne sont pas tous au même degré de maturité mais tous tireront la créativité et l’inventivité des centres de R&D. Aujourd’hui, nous nous intéressons au fablab, ces annexes des centres de R&D traditionnels.

Pourquoi il faut la suivre

À Détroit, un Techshop pour motiver les salariés de Ford. En France, des ateliers de fabrication numériques partagés chez Renault, Seb, Airbus, Snecma ou Safran. Des ingénieurs de Décathlon utilisent des Fablabs lillois. Déjà populaires dans le monde des start-ups, les FabLabs émergent dans l’usine. Mais encore avec timidité, la plupart du temps en interne, perdant ainsi l’esprit démocratique défini par le MIT. En cause, la frilosité sur le risque de copie et l’emprise de la hiérarchie sur les salariés. Pourtant, pour stimuler sa capacité d’innovation, l’industrie gagne à s’inspirer du mouvement des « makers ». D’autant que 2015 risque de voir de nouvelles initiatives émerger dans ce domaine.

Au-delà de l’intérêt technique des machines numériques —poste en CAO, imprimante 3D, fraiseuse et graveuse, etc. —, ces ateliers révolutionnent la manière de travailler. On y crée de façon plus tangible, et plus agile, loin des lourdeurs administratives internes. Et ce, d’autant plus que les FabLabs s’ouvrent sur l’extérieur. Selon Ford, son personnel proposerait ainsi 30% d’innovations supplémentaires depuis le démarrage du Techshop.

Pour Alban Tiberghien, informaticien co-fondateur de la POC fondation, « les Fablabs peuvent accélérer le processus de prototypage par frottements d’idées. En travaillant hors les murs, un ou deux jours par semaine, les salariés sortent de la « consanguinité », de la culture d’entreprise. Ils travaillent avec des gens moins initiés, comme le papi du coin ou des associatifs. Ce mélange crée une dynamique et une formation par les pairs. »

En permettant à tous les salariés de faire — et pas seulement aux ingénieurs R&D —, ce do it yourselfdevient un outil fédérateur et transgénérationnel, « une manière motivante de révéler le potentiel créatif de chacun », selon Véronique Routin, directrice du développement  à la Fing. Il induit un management moins compartimenté par « directions », plus horizontal…voire « ascendant »

Dans cet artisanat du 21è siècle, les industries peuvent aussi trouver des collaborations fructueuses : « même si elles ne sont pas à l’origine des prototypes, les grandes entreprises sont capables, elles, de développer des idées à grande échelle, et d’atteindre le grand public, tout en valorisant des communautés plus militantes, artistiques alternatives« .

Raquel Hadida