Biomimétisme: la vraie nature de l’économie collaborative ?

See on Scoop.itAlain Renaudin

Et si l’économie collaborative n’était-t-elle pas au fond inspirée de la Nature ? C’est l’avis de Gaëtan Dartevelle, co-fondateur de Biomimicry Europa et directeur de Greenloop.

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Alain Renaudin‘s insight:

Depuis que l’homme est homme, la croissance, l’expansion, la conquête, s’est faite au détriment de l’autre, physiquement. La survie de l’un passait par la mort de l’autre, la domination des uns par la soumission des autres.

En ces temps de guerre, « collaborer », c’est se soumettre, c’est trahir. En temps de paix, la confrontation militaire est devenue politique (guerre froide), puis économique (mondialisation). Mais l’esprit reste identique: être fort, c’est dominer, ce n’est plus conquérir des territoires mais des parts de marchés.

Et si ce n’est pas toujours ordonner, c’est influencer, une nouvelle forme sociale de supériorité, de « popularité ». Partager, collaborer, échanger, se montrer solidaire, sont certes autant de « valeurs » reconnues, mais souvent considérées comme des actes de privation, de renoncement, de désintérêt, laissant au seul sacro-saint esprit de compétition et de puissance la capacité à augmenter son bien-être.

Dès lors, la collaboration, la solidarité nous semblent même contre-nature, comme des valeurs « extra-humaines » relevant davantage de la spiritualité que de la nature humaine, animale. D’ailleurs, ne nous enseigne-t-on pas depuis notre plus tendre enfance la « loi de la jungle » et la chaine alimentaire comme une succession de prédations ? Il serait donc bien « naturel » que l’homme soit un prédateur pour l’homme.

Seulement voilà, nous atteignons aujourd’hui les limites du monde fini, non pas le monde naturel de la biosphère qui a toutes les chances de nous survivre, mais notre petit monde parallèle à nous, artificiel, détaché, comme si nous pouvions vivre en apesanteur. Nous atteignons deux limites: une limite économique et une limite écologique, et cette réduction d’inertie nous fait tout simplement retomber … sur terre.

Nous sommes rattrapés par notre simple gravité. La croissance, longtemps considérée comme source de progrès, y compris social, se révèle mère de tous nos vices et morphine écologique. Le moteur de l’opulence et de l’insouciance s’arrête et nous retombons. Cette croissance n’est plus là, car, comme les arbres, elle ne monte pas jusqu’au ciel. Dès lors, un autre modèle doit être inventé, et il ne s’agit pas d’innovations technologiques pour lesquelles nous capacité semble, elle, sans limite, mais d’un nouveau modèle d’organisation de note communauté humaine, davantage basé sur la collaboration que sur la compétition, autrement dit, une révolution culturelle.

C’est ici que la seconde limite, écologique, peut nous aider, paradoxalement. En effet, la prise de conscience environnementale (même régulièrement déniée) nous fait (re)prendre conscience de notre « humanité » au sens d’une communauté humaine au destin commun. Je manque de ce que tu gaspilles, je meurs de ce que tu pollues. Nous sommes condamnés à être interdépendants et interconnectés, et pas uniquement sur les réseaux sociaux !

La mondialisation n’est pas qu’économique, elle est aussi géologique et culturelle, les seules dernières frontières qui demeurent, même si elles aussi s’effritent, sont celles des Etats politiques. Notre monde est de plus en plus poreux, et d’une certaine manière tant mieux, vive la capillarité !

Ce qui serait fort, symbolique et amusant … serait que l’Unesco classe … notre planète … au patrimoine mondial de l’Humanité ! Car au fond, elle est la seule à avoir les clés pour nous sauver. S’en inspirer c’est la protéger, et nous protéger nous-mêmes. Je lance ici l’idée et cet étrange appel … comme une bouteille dans la biosphère🙂

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